Bonjour, 

Nous sommes le 28 août depuis 35mn…

Je viens de me réveiller pour prendre mon quart. Thomas va se coucher ; dans deux heures Fred me remplacera, puis Patrick prendra la relève. Nous ne faisons pas vraiment des quarts, mais ce rythme de 2 heures de veille nous convient bien pour le moment. Plus tard, quand nous serons amarinés, que nous aurons débarqué Thomas  (il doit reprendre son travail d’électronicien), nous passerons probablement sur des périodes plus longues, 3 ou 4 heures suivant les conditions de vent et de mer que nous rencontrerons. 

La lune est pleine, superbe et un peu rousse. Le vent très faible, la mer lisse et nous marchons au moteur en direction d’IBIZA l’ile pituise, bénie des dieux car selon la légende, il n’y a aucun animal vénéneux, et il y souffle un vent qui rend heureux. « Lorsque l’on a vécu à Ibiza, on revient toujours à Ibiza », m’avait dit une vieille femme lorsqu’à 20 ans, je sillonne l’île à la recherche d’une finca à louer.

Et bien voilà … J’y retourne aujourd’hui, à presque 60 ans, mais pas pour y vivre. Ce n’est que  la première étape d’un voyage qui va me conduire jusque de l’autre côté de l’océan, en GUADELOUPE. Je pars faire la fameuse ROUTE DU RHUM en solitaire, départ de ST MALO - arrivée à POINT A PITRE.

Ce dernier week-end passé sur les quais de la Grande-Motte à signer des autographes, faire des selfis, à raconter une course que je n’ai jamais faite à des personnes que je ne connaissais pas, m’a laissé une drôle d’impression : à la fois beaucoup de fierté (je suis en train de concrétiser 3 ans d’un travail intense, de réaliser un rêve, je vais vivre une aventure immense), et en même temps beaucoup de perplexité face à la curiosité des gens et à leur engouement.

Moi, je ne fais que dérouler ma vie, tenir mes engagements et prendre le maximum de plaisir. Je ne me sens pas un héros, je subis des pulsions qui me font avancer et me procure de la joie. C’est nettement plus gratifiant que n’importe quel salaire.

Finalement, ce week-end m’a permis de remercier toutes les personnes qui m’ont aidé et accompagné dans cette aventure, ceux qui ont construit le bateau, toute l’équipe de la com, les sponsors officiels et ceux qui ont consacré beaucoup de leur temps sur le bateau, Patrick que j’ai embarqué dans cette aventure, et bien sûr ma femme qui n’assiste jamais à mes départs de course car, pour elle, je ne fais que revenir… Ce week-end m’a permis de réaliser à quel point j’avais de la chance, à quel point on se sent fort quand on est accompagné, supporté.

Ce week-end a été pour moi l’occasion d’encourager les clowns et les enfants « d’un bout du monde si proche » ; je vais partir naviguer avec leurs dessins, leurs poèmes, leurs costumes et leur nez rouge.

Je ne veux pas simplement naviguer seul sur l’océan,

je veux partager ces moments avec des gens biens,

je veux être solidaire.

Des dauphins sautent autour du bateau, éclairés par la lune.

Je vais en profiter.

@ bientôt

 

 

Mardi 28, 11h

Nous sommes sous code zero (un grand génois de 90 m2) depuis ce matin.

Nous faisons route plein sud avec un angle de 40° par rapport au vent et notre vitesse est égale à celle du vent (environ 10 knds) ; nous enregistrons 1 knds de courant contre nous.

Toutefois « SOLVEO » est très chargé, la grand voile de course, 4 personnes et leurs affaires  à bord, les pleins d’eau et de gasoil fait, l’annexe et son moteur, de l’accastillage de rechange, des cordages, des bidons d’huile, du liquide de refroidissement pour le moteur… Bref il doit trainer une tonne de plus que pendant mes qualifications et cela se ressent. Je n’arrive pas à dépasser 90% de la vitesse cible soit un bon nœud de moins qu’en condition de course.

Tout le monde dort, et récupère d’une premiere nuit fragmentée par tranche de 2 heures de veille suivie de 4 heures de repos. Le rythme s’installe petit à petit, nous parlons moins, sommes de plus en plus contemplatifs.

Pendant notre séance de bricolage matinal, nous avons encore croisé quelques dauphins occupés à se nourrir ; ils n’ont fait que passer (il faudra attendre encore un peu pour les photos).

Au menu de midi, je propose une salade de riz avec thon, tomates et mozzarella. Accepté à l’unanimité… surtout s’ils n’ont rien à faire !

Je pars donc faire la cuisine 

@ bientôt

IBIZA, MA PREMIERE ETAPE

JOURNAL DE BORD « SOLVEO » CONVOYAGE LA GRANDE MOTTE-LA ROCHELLE

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© 2018 by Laurent & Cécile - Pour JP BALMES

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